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Monument exceptionnel Ruines de l'abbaye Belgique
Site exceptionnel Terrains environnant Belgique
NATURA 2000 Vallée de la Thyle Europe

Depuis le 19e siècle, les Romantiques de tous genres ont été fascinés par les ruines de l’abbaye de Villers-la-Ville et la qualité exceptionnelle de son paysage, tant architectural que naturel. En effet, les ruines de Villers ne sont pas seulement un témoignage exceptionnel de l’urbanisme religieux (à comparer avec Cluny, en France) et de l’architecture cistercienne ; abandonnée à plusieurs reprises, le temps a également peuplé l’abbaye d’une faune et d’une flore riche, au sein d’un paysage naturel préservé (la vallée de la Thyle). Deux grandes périodes de constructions ont imprimé leur marque sur le monument : de 1197 au 13e siècle (vers 1283) – style gothique cistercien –, et de 1715 à 1784 – néoclassique –, la Révolution Française marquant le départ définitif des moines, à la suite de quoi l’abbaye est abandonnée et vandalisée. Ainsi, jusqu’à la première campagne de restauration, lancée en 1893 sous la direction de l’architecte Charles Licot (la seconde campagne, débutée en 1984, est toujours en cours), l’abbaye s’enfriche et acquière cette « atmophère » des ruines gothiques qui fascinera les Romantiques.

L’un de ces Romantiques était Victor Hugo ; il y a d’ailleurs laissé un graffiti… pour insulter les auteurs de graffitis (le « tag » des ruines est une mode qui date au moins du XVIIIe siècle, puisqu’on trouve – entre autres célébrités – la signature du Marquis de Sade dans les ruines de la Domus Aurea à Rome). En voici l’intégralité : « Veni, vidi, flevi / Ô fats ! Sots parvenus, ô pitoyable engeance / Qui promenez ici votre ignorance et votre vanité / Cessez de conspuer cette admirable ruine / En y bavant vos noms qui, comme une vermine / Souillent sa majesté ! ». Le sentiment romantique et la superposition des valeurs (architecturale, écologique, paysagère, culturelle…) sont bien à l’origine de la protection de l’abbaye et imprègnent les choix de conservation qui y furent fait : renforcement du bâti pour accueillir la végétation, rénovation architecturale minimale, couverture des arases, mise en scène des ruines, recréation d’un jardin médicinal…

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