citadelle de Lille
Protection Partie protégée Echelle d'application
Monument historique La citadelle, en totalité. France
Site inscrit L'ensemble formé par le Jardin Vauban, le Jardin d'Arboriculture et le square Daubenton. France

La Citadelle de Lille est un ensemble fortifié situé à Lille, entre le canal de la Deûle et la vieille ville. Édifiée au XVIIe siècle, lors de l’annexion de la ville au Royaume de France, elle est aujourd’hui un parc urbain très apprécié des touristes et des habitants.

Une citadelle pour la France

En 1665, Philippe IV, roi d’Espagne et des Pays-Bas espagnols, décède. Il laisse sur le trône un enfant chétif, Charles II, dont la condition physique laisse espérer une mort prochaine… C’est dans ce contexte que Louis XIV revendique ses droits sur la couronne d’Espagne, au nom de son mariage avec l’infante Marie-Thérèse, fille de Philippe IV ; la « Guerre de Dévolution » commence. La ville de Lille faisant alors partie des Pays-Bas espagnols, elle est assiégée puis saisie par les troupes françaises en juillet  1667. Sébastien le Prestre de Vauban, ingénieur militaire du roi Louis XIV, décide d’y faire construire une forteresse pour consolider cette nouvelle frontière et… surveiller les lillois jugés « turbulents ». Cette pièce complète le réseau de fortification, dénommé « pré carré », dont Vauban ceint la France au XVIIe siècle.

Chef d’œuvre de rationalisme militaire, elle est aussitôt proclamée – par son auteur – « Reine des Citadelles ». Elle comporte alors cinq bastions, des demi-lunes protégeant les deux portes principales (Royale et Dauphine), des casernements, des magasins, des arsenaux, des ateliers, une boulangerie… et même une chapelle. Une vraie petite « ville dans la ville », destinée à assurer d’autonomie des soldats en cas de siège. S’y ajoute un important système de fortifications (7km), embrassant l’espace urbain et dont il ne reste aujourd’hui que des morceaux éparses et un élégant bâtiment : le Fort Saint-Sauveur. L’architecture des différents corps de la Citadelle est soignée, mélange typique de briques rouges et de grès local. Celui-ci étant plus résistant à l’eau, il sert à renforcer les arêtes des murs et les soubassements, ou encore à décorer les contours de portes et fenêtres.

Un monuments en transformation

Aux XVIIIe – XIXe siècles, malgré des extensions et des travaux de « modernisation », le développement des armes à feu, la pacification des frontières et l’étalement urbain vont progressivement faire perdre à la Citadelle son intérêt militaire. Les remparts sont d’abord abattus dans les années 1930, écrasés par le périphérique, le glacis (vaste esplanade herbeuse et dégagée, afin de voir de loin des assaillants) est transformé en parking automobile et on recouvre même une des zones humides par une espèce de verrue architecturale – le stade Grimonprez-Jooris – dont la présence incongrue dans ce Monument Historique et la vétusté entraîneront fort heureusement sa destruction. La démolition du stade accompagne un vaste mouvement de redécouverte de la Citadelle et de son patrimoine écologique, tantôt d’origine naturelle (issu de la régénération de la végétation), tantôt d’origine humaine (talus et plantations défensives du XIXe). En partie Inscrit, le site fait aujourd’hui l’objet d’une gestion différenciée exemplaire : un certain nombre d’espèces (tritons, martins pêcheurs, libellules…) profitant de la réhabilitation des zones humides et d’autres ayant été réintroduites pour des raisons fonctionnelles (pâturage des talus par des moutons de Soay et des vaches écossaises). La conciliation des usages semble ainsi avoir été atteinte : joggeurs, promeneurs, militaires (l’OTAN occupe encore le cœur de la Citadelle), écologues et guides touristiques se croisent maintenant en toute harmonie, dans le plus grand respect du site et de ses richesses.

 

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